Géographie de la Palestine
La Palestine est un territoire composé de
deux parties totalement disjointes.
La Cisjordanie (West Bank) est bordée à l'est par la rive occidentale du
Jourdain, à l'ouest par la "ligne verte", frontière israélo-jordanienne avant
l'invasion israélienne.
Très vallonnée et assez aride, elle n'offre quasiment aucune ressource naturelle.
La bande de Gaza, d'une superficie de 363 km², large d'une
dizaine de kilomètres, est un territoire ou se retrouvèrent de nombreux réfugiés
palestiniens chassés par Israël pendant la guerre de 1948. Composée en partie de dunes
de sable, elle a une très forte densité humaine puisque près d'un million de
Palestiniens y vivent.
La
colonisation commence dès l'occupation des territoires, en 1967, prolongement des
expulsions de 1948 et de l'installation israélienne dans les maisons arabes situées à
l'intérieur de l'Etat d'Israël.
On compte en 1999 près de 180 colonies implantées en Cisjordanie (hors
Jérusalem). Ces colonies sont le résultat d'une politique d'expansion qui a pris une
ampleur soudaine sous le gouvernement d'Itzhak Rabin.
De juin 1992 à mai 1996, le nombre de colons passent de 100 000
à 150 000, soit une augmentation de 50 %. Parallèlement, à Jérusalem-Est, leur nombre
s'accroit de 33 % pour atteindre 200 000 habitants.
Dépendant d'une droite ultra-nationaliste pour sa majorité,
Netanyahou a multiplié les budgets en faveur du département d'implantation de l'Agence
juive, poursuivant une politique d'incitation fiscale commencée sous Rabin, offrant aux
citoyens israéliens juifs des habitations à très bas prix dans les colonies.
De mai 1996 à avril 1999, la colonisation continue pour atteindre une population estimée
aujoud'hui à 180 000 colons en Cisjordanie, 6100 dans la bande de Gaza.
Quant au Golan annexé à la Syrie par Israël en 1967, on estime à 15 000 le nombre de colons qui y vivent. Ce qui porte à près de 400 000 le nombre de colons israéliens sur l'ensemble des territoires occupés par l'Etat hébreu.
En fait, au delà des territoires occupés par les constructions des colonies, ce sont des étendues de terres entières qui sont confisquées par Israël. 50 % des terres de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont donc officiellement israéliennes, dites "étatiques", bien que n'ayant pas été annexées.
Autre effet d'une politique qui suit une logique de segrégation, la mise en place progressive de routes dites "de contournement" (bypass roads) réservées aux colons et qui leur permet de rejoindre leur habitations sans traverser ou rencontrer des villages arabes.
La dépossession concerne d'autres domaines tel que celui des
réserves d'eau. En effet, plus de 60 % de l'eau extraite en Cisjordanie est réacheminée
vers Israël ou réservée aux colons, alors que ceux-ci représentent une fraction encore
négligeable de la population cisjordanienne.
Il existe 59 camps de
réfugiés palestiniens répartis en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Syrie, au
Liban et en Jordanie.
Les chiffres cités datent de 1997, la forte natalité
dans les camps permet de supposer une augmentation sensible de l'ensemble de la population
des réfugiés à 3,6 millions fin 1999.
Les réfugiés sont issus de deux vagues d'exode successives. La première et la plus importante, en 1948, lors des combats et massacres de la première guerre israélo-arabe (voir page histoire). La seconde en 1967 lors de l'invasion de la Cisjordanie par l'Etat hébreu. Aucun d'entre eux n'a été indemnisé par Israël de la spoliation de ses biens, le droit de retour est par ailleurs toujours refusé. De nombreuses résolutions de l'ONU depuis décembre 1948 affirment leur droit au retour ou le dédommagement pour ceux qui ne souhaitent pas revenir.
Le sort de 3
millions et demi de personnes est toujours en suspens et n'a pas encore été abordé lors
des accords de paix israélo-palestiniens.
Tableau2