Cinéma

Palestine

Le cinéma est aussi une industrie, ce qui suppose évidemment l'existence d'un minimum d'infra et de superstructures industrielles, sinon étatiques, dans le pays où les cinéastes désirent tourner. C'est un art nouveau qui ne nécessite pas seulement l'investissement créatif d'un artiste et de toute une équipe, mais un financement relativement important. Toutes ces raisons triviales et objective comptent pour beaucoup dans l'absence d'une cinématographie palestinienne avant 1968, année qui la vit naître.
C'est en effet l'OLP, organisation de libération nationale tout autant que de persistance nationale, qui contribue à ce que soit créée, en 1967-68, une «Unité cinéma», qui se transformera en «Groupe du cinéma palestinien» puis en «Films de la Palestine» avant de cesser d'exister deux ans plus tard.
Hany Jawhariyyeh, Sulâfa Jadallah et Moustapha Abou Ali en sont les initiateurs. Eux et quelques autres (Samir Nimr, Qassim Hawal...) vont réaliser des films, et ce seront des films de combat. Ces réalisateurs manieront la caméra comme d'autres, le fusil - en 1976, Hany Jawhariyyeh sera d'ailleurs tué sur le champ de bataille, caméra au poing. Tous les films de ces premiers réalisateurs palestiniens, courts ou moyens métrages (en 16 mm pour la plupart) ne sont bien entendu pas des oeuvres de fiction, mais des documentaires, des témoignages, souvent montés avec des intentions didactiques. Leur ambition est de montrer la réalité du combat pour la libération de la Palestine dans sa relation dialectique à l'Histoire, ou bien encore de recréer, par le biais d'une fiction-documentaire, les conditions de ce combat et la situation des combattants et de leur famille. Cette production s'adresse d'abord aux Palestiniens de l'intérieur. Cinéma militant, donc - mais pas, malgré les apparences, cinéma «de propagande» interne, avec ce que le terme implique de manipulation, de bourrage de crâne.


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